Il n'y pas si longtemps, avec le Figaroscope, nous sommes partis à la recherche des meilleurs bo buns de Paris. Pas évident, sachez le. Il y a souvent des adresses indignes, paresseuses. Mais il y a aussi des petites perles, comme celle ci, où je suis allé avec mon ami THX...
Thanh Hoang-Xuan, alias THX, est un éminent chirurgien des yeux. C'est également un dingo de la cuisine. Et pour celle-ci, il est capable aussi d'une précision de lynx. Lui qui travaille au micro-millimètre, un mauvais assaisonnement le fait sursauter, une herbe fatiguée l'ébranle, les tomates farcies de son épouse Françoise le font tomber à la renverse. Aussi, aller avec lui dans un restaurant vietnamien du XIII<sup>e</sup> arrondissement pour se faire expliquer ce qu'est un bon bo bun appartient à ces expériences délicieuses de la vie. Chez Pho Tai, non seulement la patronne est ravissante, mais elle a de la mémoire. Elle connaît notre ami et a couvé de son doux regard notre table pendant tout le repas. Ça me changeait des traitements à la hussarde de la semaine passée : une salle comble dans un troquet, une réservation effectuée l'avant-veille et le patron qui ne « pouvait rien faire » (une grande première) ou encore chez Vivant, obligé de « libérer » la table un quart d'heure avant la fin de notre permission en laissant notre verre de vin. Ouin vraiment, on en aurait presque demandé ici l'asile politique.`

ALORS CE BO BUN ? Pour Thanh, un bon bo bun fonctionne aux bons produits, aux herbes, à la fraîcheur également des huiles de friture. Tout devrait marcher à l'harmonie, même la sauce salée (le nuoc mâm) doit être maison avec un brin de personnalité. Lorsqu'on remue sa pitance, il doit se dégager un parfum suave et plaisant. En bouche, tout doit parler distinctement, le boeuf, les carottes, les oignons, les petits bouts de cacahuètes, la coriandre, la menthe. C'est un vrai babil captivant. Pendant que Thanh m'explique la messe, je becte avec cette dimension passionnante de pouvoir manger ce que l'on me décortique. À la fin de son épître, le pauvre Thanh eut ce constat désenchanté : « Je parle trop, un bon bo bun se mange chaud, c'est un peu la course contre la montre, il faut remonter le fil du plat avec constance et application. Et silence. » La dernière cuillerée est un enchantement : l'esprit du bo bun est là avec sa pointe salée, quelques petits bouts d'oignons, de cacahuètes ; un pur délice, à la fois léger et dense. Desserts exquis réalisés par la patronne elle-même (lait de coco, riz gluant, jus de bâtai et taro, un légume racine).

La clientèle est constituée de la diaspora vietnamienne, avec notamment, signe cinglant, les taxis viets de la G7 ; autant dire du lourd. Autrement, des familles avec marmaille respectueuse, étudiants sans le sou, petits vieux.
Service très gentil et souriant, efficace surtout car, au coup de feu (vers 13 h), c'est la guerre. S'agit pas de traîner. L'addition quant à elle reste paisible. Avec un bon bol de bo bun, on peut ressortir torse nu en plein hiver. Comptez 12 euros par personne.
Pho Tai, 13, rue Philibert-Lucot, XIIIe. Tél. : 01 45 85 97 36. Métro ligne 7 : Maison-Blanche. Tlj sauf le mercredi de 12 h à 14 h 30 et de 19 h 30 à 23 h. photos FS

Testé et approuvé depuis belle lurette...
S'il est fermé,, poussez la porter du frère jumeau (Pho Tai Tai) de l'autre coté de la rue.
Les Pho ne sont pas en reste...
Rédigé par : François G | 02 janvier 2013 à 17:41
Bo bun testé et approuvé pas plus tard qu'hier soir. il y a deux restaurants Pho Tai et Pho Tai Tai en face, où nous avons diné, faute de place dans le premier.
La purée de piment maison est apprécié et la boisson trois couleurs est bonne aussi (ce qui est rare)! Et la jeune serveuse était souriante et très agréable!
Merci pour l'adresse!
@Benoit: Paris Hanoi à éviter! Le Pho Bida Vietnam sert un Bo bun qui n'est pas trop mal, mais concernant le service… si tu arrives un peu tard, n'espère pas qu'on soit sympa avec toi. Autre Bo bun chouette dans mes souvenirs, celui de Taing Song Heng, 3 rue Volta
Rédigé par : Michèle W | 02 janvier 2013 à 11:58
J'ai hate d'y aller
Rédigé par : Jack | 30 décembre 2012 à 23:08
Benoit Chaigneau m'avait indiqué le Phobida également, je n'ai pas eu le loisir de le tester, ni le Paris Hanoi d'ailleurs... Mais j'irai goûter celui-ci en premier, merci!
Rédigé par : Kitsch'N tips | 28 décembre 2012 à 18:35