Si l'on veut comprendre pourquoi les chefs sont si embarrassés par cette histoire de lasagnes, il suffit d'ouvrir les revues professionnelles ou de se balader dans les salons de l'agroalimentaire. Vous pigerez tout de suite que le métier est menotté par des intérêts... alimentaires ; entendez par là pécuniaires. Rien de blâmable au demeurant, chacun aujourd'hui croûte comme il peut, fait ses « ménages », dépose son honneur de chef sur des sauces préparées. Mais on aurait pu attendre de nos cuisiniers adorés qu'ils poussent au moins un peu plus loin leurs paradoxes pour défendre la dimension artisanale de leur métier. Râler un bon coup, maudire les « minerais », ces conglomérats douteux de l'agroalimentaire. Car s'il y a bien aujourd'hui un chant que l'on souhaite entendre, ce n'est pas celui du tiroir-caisse et le cynisme tranquille des industriels, mais celui du produit noble et sincère : pâté en croûte, flan à la vanille, éclair au chocolat, poulet-frites, vraies bonnes lasagnes... Il y a comme un besoin urgent d'entendre des voix rappeler les fondamentaux, réciter l'alphabet gourmand et non point des chansonnettes commerciales. La table n'a jamais autant polarisé l'attention. Signe des temps en perte de repères, celle-ci devrait rallier autour de valeurs simples et retrouvées un monde désenchanté. Alors, demandons aux chefs de revenir un peu plus à leurs fourneaux. De nous laisser entendre la chanson savoureuse des tintements de casseroles, des jus à la minute, le fouet dans l'inox, le geste simple et naturel. Pour nous chasser tous ces papillons noirs.

Le Balzar !
Rédigé par : Mathias | 22 mars 2013 à 17:31
Bravo! Il est évident que ces relations dangereuses entre le chimico-agro-alimentaire et la gastronomie posent problème.
Rédigé par : Vincent Pousson | 20 mars 2013 à 17:37
Bon jaja au Bristol on dirait
Rédigé par : PATRICK | 13 mars 2013 à 12:51