Le deuxième consiste à « respirer », reposer l'oeil. Être entre soi, s'absorber devant un feu de cheminée ou au-dessus du chocolat chaud de chez Charly's, le salon de thé institutionnel posté devant la patinoire. Son mystère se laisse effleurer : du chocolat à 65 % et surtout de la chantilly fouettée dans un lait exquis, celui de vaches (7 000 pour 11 000 habitants) élevées sur un territoire où le mètre carré chatouille les 50 000 eur.
Le soir venu, les visiteurs se font encore plus discrets, s'enferment chez eux au regret des locaux qui aimaient tant lorsque Elizabeth Taylor venait prendre son vin chaud à l'Olden et se bercer à l'impénétrable dialecte local, le schwytzertütsch. Ils restent dans ces chalets dont le modèle a été sagement défini par l'instituteur Jaggi, en 1956, sur un cahier d'écolier : pas plus de trois étages, des avant-toits et le rez-de-chaussée lambrissés de bois. Seul assouplissement à cette règle d'urbanisme ces derniers temps : le ratio d'abris anti-atomiques étant atteint, ils ne sont plus obligatoires et sont souvent aménagés en caves à vin. Et lorsqu'il s'agit de les remplir, on s'adresse au Caveau de Bacchus, propriété de la maison Chopard attenante, dont le patron, Karl-Friedrich Scheufele, a délégué sa passion à Claudio Di Giorgi et son compère Aldo Carlucci. Ces deux ex-sommeliers du Palace sont fin prêts à dégainer des tueries comme ces doubles magnums de Latour (10 600 eur), mathusalems de Cristal Roederer (8 000 eur) ou encore nabuchodonosors de Lynch Bages (15 litres, 3 200 eur) que des clients commandèrent et dégustèrent lors d'une fête des « Mille et Une Nuits ». Trois furent descendus illico. Et nos deux amis durent revenir ventre à terre avec trois autres obus du même calibre.
Cet hôtel, un des plus irrésistibles de la planète, semble être sorti d'un dessin animé. Une sorte de folie néobaroque digne du château de Neuschwanstein, en Bavière. Inauguré en 1913, il continue d'accueillir sur ses profonds tapis la gentry internationale. Mais attention, fussent-ils de « grandes marques », les jeans troués sont toujours formellement interdits. Le reste peut passer. Code vestimentaire : low profile pour les femmes dans la journée ; sportswear chic (façon Lyle & Scott) pour les hommes. La station a parfois quelques états d'âme nés d'un surcroît de bien-être : le golf s'améliore-t-il que l'on trouve qu'il perd son cachet. Y a-t-il plus de boutiques sur la promenade que l'on regrette les vieilles boutiques d'antan : la boucherie Bieri, le coiffeur Jutzeler. On voudrait presque ressusciter Gunther Sachs, trop tôt disparu (suicidé dans son chalet, en 2011), faire revenir le temps qui passe, retenir encore plus longtemps le mythique Gildo au Palace.
Et sa jeunesse, pendant qu'on y est. Il y a, à Gstaad, comme une berceuse d'autrefois, le bruit sourd des pas dans la neige comme si l'on croquait une meringue, l'odeur des feux de bois. On voudrait que tout reste ainsi. Parce que tout nous échappe...

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Rédigé par : sbpcjz | 07 mai 2013 à 06:59
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Rédigé par : pdklcl | 07 mai 2013 à 06:59
Gstaad = Peoples peigne-culs
La Mongie = Peigne-culs people
Où est la différence ?
Rédigé par : Noig | 13 mars 2013 à 05:15
Ah ben à la Mongie, on peut dire que c'est un autre monde :) #pyrenees
Rédigé par : Nadasto | 08 mars 2013 à 21:40
Un documentaire très intéressant sur Gstaad avait été diffusé sur Arte: "L'Autre versant de Gstaad".
En parlant des touristes, le directeur du Palace Hôtel a eu ces mots: "dit cruement, avant on avait de la qualité. Maintenant on a de la quantité".
Rédigé par : a.o. | 08 mars 2013 à 20:13
Cela sent le sapin et la naphtaline....
Rédigé par : pops | 08 mars 2013 à 17:16
Je pense que je vais rester chez moi.....
Rédigé par : Un provincial | 08 mars 2013 à 14:16