DU BON USAGE DES RESTAURANTS A LONDRES
C’est bien beau d’arriver à St Pancras, mais si vous n’avez pas déjà réservé votre couvert, vous allez souffrir pour trouver de la place. Petite trousse de survie, à l’usage des fourchetteurs.
Gastronomie, évitez. Si cela vous chante, vous pouvez toujours essayer d’aller tâter du Gordon Ramsay, du Tom Aikens voire du Heston Blumenthal, à Bray. Mais sincèrement, sans être prétentieux, il y a aussi bien à Paris. Sinon mieux. Gordon Ramsay, par exemple, c’est du Guy Savoy années 1980 ). Blumenthal (au Fat Duck) navigue entre Sartre et Mary Poppins et a quelques pendants en France (Decoret à Vichy, Thierry Marx à Bordeaux).
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THE WOLSELEY
Web Map
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WILTONS
Vous trouvez les restaurants à la mode assommants de bruit? Vous n’avez pas tort. Sur votre ordonnance, notez cette adresse smart, irrésistible de gentillesse, de qualité (poissons nickel). Comptez tout de même 50£ (63 €) par personne…
55 Jermyn Street, London SWIY 6LX. Tél. : 00.44.20.7629.9955.
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CECCONI’S
L’adresse du quartier où tout le monde s’entasse pour vociférer au-dessus de nourritures indigentes, dont une « lobster salad » à 18£ (23€) bourrée de patates. L’arrogance navrée du service «We’re sooooo sorry! » – mais ça plaît.
5 Burlington Gardens, Mayfair, London W1S 3EP. Tél. : 00.44.20.7434.1500.
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J. SHEEKEY
Du côté de Leicester Square, vous trouverez dans une impasse cette institution londonienne. Au début, on hésite, on vérifie l’adresse. C’est bien là ! Poissons encore dans la nacre et l’excellence (anguilles grillées, saint-jacques) mais également viandes (cuisse de canard confit) et carte végétarienne. Clientèle et recoins, chics et inattendus. C’est ce genre de table que l’on garde toujours. Si peu de touristes. Comptez 50£ (63 €).
28-32 Street Martins Court, Covent Garden, London WC2N 4AL. Tél. : 00.44.20.7240.2565.
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SCOTT’S
Chic, impeccable et professionnel avec les poissons en vedette, les crabes décortiqués, la Dover sole, parfois approximatif (dessert aux figues dites caramélisées) mais dans l’ensemble bien. Bruyant bien entendu, mieux vaut être au bar (plus souple dans les réservations), où l’on peut se chuchoter quelques vacheries parisiennes sur la clientèle inimitable. Comptez 50£ (63 €).
20 Mount Street, Mayfair, London W1. Tél. : 00.44.20.7495.7309.
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THE WINDMILL
C'est la planque où se cachent les tailors et les cutters de Savile Row. Ici pour l’excellente steak and kidney pie, 8,95 £ (11 €), régulièrement primée dans les concours du genre, la pinte de bière, la moquette rudoyée, et la serveuse qui vous demande : « Everything OK, my love ? »
6-8 Mill Street, London W1S 2AZ. Tél. : 00.44.20.7491.8050.
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HOTELS
Le Brown’s Hotel, le Ritz, le Claridge’s ou le Connaught, mais si vous trouvez les tarifs violents, notre bonne adresse British en diable s’appelle le Durrants Hotel, à partir de 125 £ (158 €) la chambre single.
George Street, London W1H 5BJ. Tél. : 00.44.20.7935.8131. Et sur www.durrantshotel.co.uk
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ET AUSSI.... Old restaurants Et si, finalement, le véritable exotisme londonien figurait dans ses bonnes vieilles adresses. Elles sont franchement irrésistibles dans leur bravache désuète, à ferrailler pour un bœuf Wellington, des huîtres à la Rockefeller, du stilton accompagné d’un verre de porto, de butter pudding, de la Dover sole. Choisissez Rules, Simpson’s, Green’s, Wiltons…
Fish and chips, la mauvaise foi joyeuse. Très canaille distinguée, splendidement lumpen chic, les fish and chips ont cet art vachard de faire tomber à la renverse les gastronomes en mal de frissons. Mais avec une bière gelée, cela devient une vraie poilade. Parmi les meilleures adresses, Canteen, et pour nos lecteurs, à Portobello, le George. Vous allez être dépaysé. Toujours dans le rapport qualité-prix, Kiasu, pour sa cuisine asiatique, tendance Singapour.
Indiens, toujours fameux. Contrairement à Paris qui maltraite les cuisines étrangères (on les moque), ici, pas question de faire à moitié. Prenez les restaurants indiens, c’est un vrai bonheur : Amaya reste notre adresse préférée avec des plats enchanteurs (excellents birianis).
Japonismes, osez aussi ! À jouer décomplexé, les Britanniques réussissent là ou d’autres hésitent. Ils foncent tête en avant. Exemple Roka, dans le délicieux quartier de Fitzrovia. C’est nickel, inspiré d’une réinterprétation de cuisine japonaise bienvenue : saint-jacques saisies en beauté, et desserts somptueusement écœurants. Et toujours Wagamama, pour ses nouilles et ses soupes, ou Zuma, dans une atmosphère Sex and the City.
Gastropub, la ferveur appliquée. Lancé en 1991 avec le Eagle, à Farrington, le mouvement gastropub propulsa, à l’instar de la bistronomie en France, de jeunes chefs qui souhaitaient s’imposer sans s’étrangler en emprunts. Même carte à l’ardoise, même esprit léger, mais même défaut aussi, le dérapage des prix si l’on n’y prend pas garde. Testez quand même Charles Lamb pour la qualité de ses bières, Rosendale (lauréat 2008 de l’efficace guide Time Out, 12 £).
Tables du shopping, avant l’évanouissement. Pour se donner bonne conscience, on visitera le Tate Modern car ce sera aussi l’occasion de faire un tour à la cafétéria, très réussie, au niveau 2 (parfait pour les familles). Ensuite, vous pourrez aller torturer votre carte de crédit. Promenade le long des quais et déjeuner à la Tour du Pont (superbe vue en contrebas sur le pont de Londres). Fifth Floor (dans Harvey Nichols) reste une des meilleures adresses du genre. Pour les dingos de produits bio, un superbe magasin vient d’ouvrir à Kensington, Whole Foods, (63, High Street). À côté, nos champions nationaux ont l’air de guérites d’autoroute.
Rites locaux, indispensables. Un thé au Ritz et, pour débuter la soirée, un verre de vin blanc avec des huîtres dans une brasserie mondaine. On optera pour le Wolseley. Même tôt, ce n’est pas gênant car dès 18 heures, le bal des allers et venues est fascinant (défilés dignes d’une standing ovation), éclairage sépia, architecture Mitteleuropa, brouhaha follement distingué.
Mode, le goût du risque. Vous serez prévenu : les tables à la mode sont terrifiantes. Plats avenants (comme ce gigot de sept heures, au Tom’s Kitchen), service souvent désarmant de gentillesse (Tom’s Kitchen, Saint John), cartes des vins délurées, réservations pas piquées des hannetons, niveau sonore d’enfer. Ou l’art de la romance en hurlant, le soupir en s’époumonant…
L’art de réussir un restaurant. Le restaurant est devenu un style et, ici, on le cultive avec une fascinante ouverture : british revival, tables bio, corners turcs, gastropubs, cuisine italienne rustique, fusion australienne, tables de nostalgies, néojaps, adresses design (comme Skylon), indiens du Sud, global international (Sketch, avec Momo et Pierre Gagnaire), vous allez adorer…
Chapitre 3
DE L'ART D'ETRE ANGLAIS
Ce soir, au restaurant Tom’s Kitchen, l’annexe du chef Tom Aikens, c’est jour tranquille. Lisez par là qu’en ouvrant la porte, c’est comme si vous débarquiez dans un hangar d’élevage intensif de volailles, ou à un concert de marteaux-piqueurs. L’Anglais est ainsi. Lorsqu’il est content, il le fait savoir. Le restaurant, c’est pour lui une sortie, pas franchement un moment de gourmandise. Alors il parle très fort comme s’il pensait être dans un night-club. Il montre ses gencives d’où sortent des sons pleins de dentales, arrondit des yeux intenses pour parler de ses prochaines vacances, de son envie de planter des palmiers (des pal-miers, say it loud) dans son jardin. Au début, vous pensez que c’est un gag. Au bout d’un moment, vous avez compris que vous êtes bien à Londres, capitale frénétique, ivre de sa réussite, roue géante où s’activent d’élégants hamsters.
Les Français adorent, mais ils ne savent pas vraiment pourquoi. Eux qui, à la maison, gifleraient un bigorneau vide, acceptent ici toutes sortes de non sense. Non seulement les Anglais conduisent du mauvais côté, boivent de la bière chaude et nous mettent des raclées au rugby, mais en plus, ils s’obstinent à nous donner des leçons en matière de restaurant. « C’est leur talent, explique un exilé méditatif. Ils veulent nous faire croire qu’ils sont les meilleurs. Mais ils ne le sont en rien. Sauf en ce qui concerne la taille des arbres, et la qualité des chauffeurs de taxi. » Ajoutez à cela des prix hallucinants et des Anglais qui maîtrisent crânement l’art de vous envoyer balader (we are so sorry, nous sommes vraiment navrés), c’est sans doute ce côté masochiste que nous allons cultiver là-bas. Cet agacement exquis nous fait tendre la joue, boire la tasse (de thé) le petit doigt en l’air.
En fait, Londres est une ville qui sait vivre. Elle a ce sens de l’instant (elle le rentabilise) qui fait tant défaut à Paris, au bonheur contrarié, au bien-être pernicieux. Ici, l’excitation est plus forte que le plaisir, le désir plus intense que la jouissance. Pourquoi ce midi, au restaurant Saint John, à Farrington, les clients sont-ils si hardis et joyeux ? Parce qu’ils ont décidé de vivre à fond ce qui les attend. La cuisse de lapin braisée aux petits lardons n’a rien de phénoménal, mais l’atmosphère ici est baroque. Une armée de bonshommes en costumes ceintrés braillent, s’époumonent, vident leur bière comme s’ils portaient un coup de clairon. L’argent est roi (pas un pauvre dans les rues), l’euphorie est pratiquée comme une hygiène sociale. On a choisi de soigner son mal existentiel au décibel, à la testostérone, au chardonnay glacé, et à l’émincé de volaille au gingembre.
Epilogue
MES 20 ADRESSES PREFEREES
A glisser dans votre agenda de voyage...
Amaya. 19, Motcomb Street, Knightsbridge (020 7823 1166). 50 euros. Canteen. 2, Crispin Place, dans la City (084 5686 1122). 12 euros.
Charles Lamb. 16, Elia Street, à Islington (020 7837 5040). 30 euros.
Fifth Floor. Harvey Nichols, à Knightsbridge (020 7235 5250). 70 euros.
George. 329, Portobello Roadd (020 8969 7895). 10 euros.
Green’s. 36, Duke Street sur St Jame’s (020 7930 4566). 100 euros.
Kiasu. 48, Queensway, à Byaswater (020 7727 8810), 9 euros.
Roka. 37, Charlotte Street, Fitzrovia (020 7580 6464). 60 euros.
Rosendale. 65 Rosendale Road, à Dulwich (020 8670 0812), 20 euros.
Rules.35, Maiden Lane, à Covent Garden (020 7836 5314). 60 euros.
St John. 26, St John Street, à Farringdon (020 7251 0848). 60 euros.
Simpson’s. 100, Strand, sur le Strand (020 7836 9112). 65 euros.
Sketch. 9, Conduit Street, à Mayfair (087 07 77 44 88). De 30 à 150 euros.
Skylon. Royal Festival Hall, Belevedre Road, à Waterloo (020 7654 7800). 30 euros.
Tate Modern Café. Summer Street (020 7401 5014). 40 euros.
Tom’s Kitchen. 27, Cale Street (020 7349 0202). 80 euros.
Wagamama. Tower Place sur Thames Street. 12 euros.
Wiltons. 55, Jermyn Street, à Saint James (020 76 29 99 55). 100 euros.
Wolseley. 160, Piccadilly (020 7499 6996). 80 euros.
Zuma. 5, Raphael Street, à Knightsbridge (020 7584 1010). 70 euros.
PHOTOS FRANCOIS SIMON / DR


Merci pour toutes ces adresses qui peuvent être très utiles !
Rédigé par : croisiere derniere minutes | 24 octobre 2011 à 18:26
Merci pour toutes ces adresses qui peuvent être très utiles !
Rédigé par : croisiere derniere minutes | 24 octobre 2011 à 18:26
Merci pour ces adresses ! Attention, Kiasu n'existe plus. Et les adresses contiennent quelques fautes :-)
Rédigé par : Valentin | 28 septembre 2011 à 13:32
Merci pour ces adresses ! Attention, Kiasu n'existe plus. Et les adresses contiennent quelques fautes :-)
Rédigé par : Valentin | 28 septembre 2011 à 13:30
Je suis allée ce WE au sketch après avoir lu vos reco. J'ai beaucoup aimé très original comme déco certes très tendance mais clientèle accessible et service génialissime!!! Dans l'assiette des plats simples revisités et très réussis !
*Si vous y allez... ne loupez pas les toilettes . EXPERIENCE UNIQUE !
Rédigé par : Emilie | 25 octobre 2010 à 09:32
Je glisse effectivement ce papier dans mon agenda, non pas de voyage mais d'expatriation londonienne, en osant espérer qu'il me fasse oublier ce Paris que je blâme autant que j'aime.
Rédigé par : Le Cookie Masqué | 22 juillet 2009 à 20:34
Retour de Londres: visite sur les conseils de François Simon de Windmill Tavern, pub à Savil Row. Dans le genre ratage ce fut parfait: service moyen, café apporté avant le plat, renvoyer et renverser, personne pour aider et la kidney & steak pie nous a rendu malade toute la nuit. Merci François!
Heureusement, en séance de rattrapage, nous avons terminé notre séjour par Amaya et là ce ne fut que du bonheur. Pourtant, nous n'avons pris que le lunch menu à 25 Livres mais déjà ce fut un festival de 8 plats à base de produits simples mais tellement bien préparés! Un régal. Service pro et décontracté. Merci François!
Rédigé par : fabrice | 05 janvier 2009 à 15:06
ca y est, j'ai fait l'article
Rédigé par : sborgnanera | 12 novembre 2008 à 10:30
merci pour amaya ou j'ai passé un vrai beau moment de gastronomie : ca faisait longtemps que j'attendais enfin de faire un indien digne de ce nom
je recommande par dessus tout les noix de saint jacques snackées avec une sauce verte à tomber : on était 3, ils recommandent entre 6 et 8 plats pour 4, on en a pris 9, normal ;o)
par contre, contrairement a ton commentaire francois, je me suis legerement etouffé avec le byriani au poulet, le plat que j'ai trouvé presque le moins intéressant avec le kebab du repas, peut etre que j'en attendais trop...
je recommande aussi de démarrer avec un cocktail a base de champagne, vodka et fruits des bois mixés (lol)
pour en rester au champagne, j'ai trouvé dans le quartier de fulham un bar a champagne ultra sympa, bruyant comme partout mais avec une selection assez dingue : je ferai un CR sur mon blog et je te posterai l'url car, là, meme si c le 11 novembre, je taffe et j'ai laissé mes notes à la maison...
autre découverte digne de la tour d'argent, l'ambassade de l'ile, ouverte il y a peut dans mayfair (rien que ça) par JC ansanay de l'auberge de l'ile à Lyon ou il fait un canard au sang avec tout le tralala qui va avec.
la mort dans l'ame, j'ai pris un daguenau silex 2005 que je savais pertinemment fermé mais je voulais en faire gouter à un ami qui ne le connaissait pas (une centaine de livres la connerie tout de meme) mais je me suis terriblement ratrapé sur un nuit saint georges 2001 premier cru enormissime pour la modique somme de 120 £...
bref, heureusement que le XO saint etienne de la martinique nous a aidé a faire le code de la CB ;o)
mille mercis francois pour les tuyaux !
Rédigé par : sborgnanera | 11 novembre 2008 à 09:21
l'annexe de St John a Spittafield :
Bread & wine . La cuisine y est meilleur je sais pas pourquoi. Salle plus petite ? le chef? Des 9h du matin Oeufs de harreng meuniere sur toast puis des 11h coeur de boeuf, rate de porc, colvert, en portion tapas.
Rédigé par : St john | 12 février 2008 à 11:12